Focus

Sortir de nos autoroutes – Entrainement Mental et Danse Singulière
durée : 6 jours
co-animé avec l’Improbable

S’émanciper de nos cadres habituels, tel est l’enjeu de l’entraînement mental et de la Danse Singulière. L’un prend le chemin de la pensée pour tenter un agir davantage libre et conscient, l’autre celui de la danse pour trouver un rapport plus libéré et sensible à son corps et au collectif.

L’entraînement mental est une méthode d’éducation populaire qui s’est constituée dans le cadre de la Résistance et qui continue depuis à se renouveler. Le point de départ est la mise au travail de situations concrètes insatisfaisantes (quotidiennes, professionnelles ou militantes) en vue de les transformer. Cette méthode favorise le croisement de regards entre pairs et l’analyse collective. Elle invite à la vigilance dans la conduite du raisonnement et aiguise notre capacité à saisir les situations dans toute leur complexité, en mettant au travail nos contradictions. La mise en mouvement de la pensée s’effectue notamment en convoquant nos « savoirs chauds » (issus de nos expériences vécues) et en allant « braconner » du côté des savoirs froids (sciences humaines, théories critiques…). L’entraînement mental offre finalement une manière structurante de cheminer pour travailler le sens de nos actions. Il met en jeu notre responsabilité en questionnant notre éthique en situation.

La Danse Singulière est une démarche de danse libre et improvisée. Pas de pas à apprendre où à suivre : la mise en jeu et en mouvement du corps amène chacun-e à se libérer d’un rapport codifié à la danse. Cette situation ritualisée amène à sentir comment chaque danse est traversée par notre histoire, notre imagination, nos sensations, nos souvenirs, notre rapport à l’autre et au monde. Le cadre de la Danse Singulière amène à remettre en jeu ces différentes inscriptions corporelles et à ouvrir de nouveaux espaces du possible. Elle est un terreau de création individuelle et collective sans cesse renouvelé. En référence au courant de l’art brut, de l’art « hors les normes », ce dispositif invite chacun.e à découvrir l’émergence de sa propre danse, reflet de nos identités personnelles et collectives.

Le pari de cette rencontre est de faire entrer en résonance la mise en jeux de nos corps et le travail de la pensée. Il s’agit de déconstruire collectivement les rapports normés et descendants aux savoirs et à la danse pour favoriser la réappropriation par tou-te-s de ces deux champs. Ce stage s’adresse donc à tou.te.s, il n’est pas question de niveau de danse ou de savoirs requis.

Nous proposons ici deux dispositifs très distincts dans leurs couleurs et leurs méthodes d’intervention, mais qui, au fond, travaillent les mêmes finalités: mettre au travail nos singularités individuelles et collective, mettre en jeu concrètement nos libertés pour se donner des espaces où transformer nos existences et notre rapport au monde.

Je travaille, moi non plus – Entre oppression et émancipation, comprendre et transformer notre rapport au travail

Source d’épanouissement personnel, de lien social et de revenus économiques, le travail s’impose comme une évidence et prend souvent une place considérable dans nos vies. Considéré comme le socle de notre société, il est décrié par certains et érigé en valeur absolue par d’autres. Pour tous, il transforme le rapport au monde et à soi-même. Il semble dès lors crucial de prendre du recul pour comprendre ce qui se joue dans notre rapport au travail et éventuellement le transformer, pour que le travail reste un levier d’émancipation.

Aujourd’hui, nombre de personnes sont en souffrance au travail, déplorent la perte de sens, d’envie, de motivation dans leur quotidien professionnel. Parfois même, ce mal-être est dû à des pressions hiérarchiques, du harcèlement ou d’autres formes d’oppression. Ces situations sont vécues par toutes les couches sociales, que l’on soit ouvrier-e, employé-e, cadre, ou auto-entrepreneur, travaillant dans des associations, collectivités locales, entreprises et dans tous les secteurs confondus. Course à la rentabilité, impératif d’efficacité et injonctions paradoxales finissent par générer burn out, stress, sensation de ne jamais avoir de temps.

De nouvelles formes d’organisation du travail ou de management sont imaginés pour limiter les risques « psychosociaux », mais elles n’empêchent pas la souffrance au travail. Plus insidieux encore lorsque, sous couvert de prendre soin de l’autre et d’être attentif à l’humain, ces stratégies organisationnelles opèrent exactement le processus inverse, c’est-à-dire un rapport de domination ou d’oppression qu’il est parfois difficile de cerner, de reconnaître et de s’en libérer.

Cet atelier vise à partager nos vécus, nos expériences, à aller questionner nos représentations et notre rapport au travail. Il s’agit avant tout d’ouvrir un espace hors du quotidien, un espace de solidarité, de réflexion autour de ces oppressions. D’où viennent-elles ? Pourquoi sont-elles si prégnantes ? Comment le fonctionnement de nos organisations vient-il les alimenter ?   Comment puis-je agir dessus ? Comment s’organiser collectivement pour s’en émanciper ?

Nous nous appuierons sur les méthodes de l’éducation populaire, comme l’ont fait les cercles ouvriers et les collectifs de travailleurs depuis le 19e siècle, pour prendre conscience de leur condition, créer une culture commune, s’armer intellectuellement et renforcer leur pouvoir d’agir. Ces méthodes coopératives se basent sur le croisement entre les ressources et le vécu des personnes présentes et des braconnages dans les théories des sciences humaines, en considérant chacun-e comme le meilleur expert de sa propre vie.

Formation des formateur-rices

Notre rapport au savoir s’est construit pour la plupart à l’école. Dans nos pratiques d’éducation populaire il semble important de revisiter ce rapport descendant au savoir pour envisager d’autres logiques éducatives que la « conception bancaire de l’éducation » (quelqu’un-e qui sait et qui délivre son savoir à celles-ceux qui ne savent pas). D’autant que ce rapport au savoir n’est pas neutre politiquement, et qu’il participe à reproduire des logiques de pouvoir et des rapports de domination contre lesquels nous luttons dans nos actions.

En s’inspirant de l’histoire de l’éducation populaire et d’expériences pédagogiques alternatives, nous nous interrogerons sur la manière dont nous pouvons animer des formations dans une démarche d’éducation populaire. Comment valoriser les savoirs de tou-te-s et favoriser les échanges de savoirs entre participant-e-s? Comment faciliter l’expression des vécus et des expériences, et à partir de l’analyse collective, les traduire en savoirs ? Comment s’approprier collectivement des savoirs théoriques ? Comment entretenir un rapport critique aux savoirs qui encourage l’engagement, la transformation des pratiques et suscite de l’action collective ?

Cet atelier-formation s’appliquera à lui-même les intentions et les méthodes qu’il défend. Nous vivrons ces journées de formation comme un espace laboratoire. Nous travaillerons sur la posture du formateur/facilitateur-trice, en partant de l’analyse des expériences de chacun-e. Nous expérimenterons des méthodes actives et des outils d’intelligence collective. Chaque participant-e travaillera également sur ses propres « chantiers » : construction concrète de déroulé de formation et d’ateliers et/ou travail d’analyse à partir de situations concrètes.

Paysans, cultivons la coopération ! L’éducation populaire pour partager et transformer nos pratiques collectives

L’agriculture de demain sera collective ! C’est le pari que font de plus en plus d’agriculteurs qui s’installent à plusieurs ou créent des espaces de travail collaboratifs : GAEC, CUMA, groupements d’employeurs, coopératives, associations, syndicats. Au delà de ces pratiques formalisées, l’entraide informelle à toujours existé dans le domaine agricole et crée du lien social et de la solidarité, indispensables dans un milieu rural de plus en plus délaissé.

Ces pratiques collectives se révèlent souvent comme de véritables défis humains : Comment favoriser la confiance et la créativité dans un collectif de professionnels, tout en prenant en compte les contraintes économiques ? Comment l’expérience et le vécu de chacun peuvent-ils être au service du collectif ? Comment faire groupe tout en préservant ses intérêts individuels ? Comment vivre les transmissions, accompagner les départs et les arrivées et redéfinir les rôles? Comment répartir le pouvoir ? Comment mieux gérer les processus de partage d’information, de coordination de différents secteurs, de décision collective ? Comment penser et structurer les temps collectifs pour que le plaisir reste présent ?

Sur l’impulsion du GAEC de Vispens, nous vous proposons de venir mettre au travail nos dynamiques collectives pour chercher les leviers de transformation concrètes du faire-ensemble au sein de nos structures. C’est l’opportunité de faire un pas de côté pour donner une respiration au groupe, explorer nos désaccords, faire culture commune, échanger sur nos pratiques. Nous nous appuierons sur les vécus des différents collectifs présents pour expérimenter des outils de coopération, de participation et d’analyse issus de l’éducation populaire et d’ailleurs.

Au delà de nos pratiques professionnelles, cet atelier-formation vise à renforcer les pratiques démocratiques dans les collectifs et à politiser la question de la participation pour lutter contre les rapports de domination et d’oppression, décrypter les déterminismes sociaux et la manière dont les normes et les discours dominants nous façonnent, afin de permettre à chacun d’exprimer sa singularité de manière authentique et développer notre puissance collective.

Formation « Intervenir sur l’espace public »

Comment sortir de l’entre-soi, du « cercle des convaincu-e-s » et partir à la rencontre des habitant-e- s ? Comment aller dans la rue, investir des marchés ou des jardins de ville et animer du débat public sur des thématiques aussi variées que le travail, les migrants, le vote et la démocratie, les rapports femme/homme, la vie de son quartier ? Comment mobiliser sur des questions qui nous touchent et susciter de l’action collective ?

Réhabiliter l’espace public comme espace politique, et échanger au-delà de nos cercles associatifs à partir de situations qui nous concernent tou-te-s, c’est déjà prendre le risque d’être bousculé. C’est aussi permettre à tou-te-s, au-delà des points de vue d’expert-e-s, de s’autoriser la parole et gagner en légitimité. Et partager largement nos questions, nos colères et nos désirs c’est un premier pas pour ne plus se cacher derrière nos impuissances et faire le pari ensemble de la transformation sociale.

Cet atelier-formation sera l’occasion d’envisager l’animation locale dans une démarche d’éducation populaire, et d’échanger sur nos postures d’animateurs-trices. Nous prendrons le temps d’organiser et expérimenter en situation un outil d’intervention qui nous est cher, le porteur de paroles.

Quelques coups de projecteurs sur des formations passées :

Formations des bénévoles et Services Civiques à l’AFEV – 2015/2016
La Turbine à Graines forme et accompagne tout au long de l’année bénévoles et Services Civiques de l’Afev à Marseille, Lyon et Nice. Comprendre la posture de l’accompagnateur et se l’approprier; discuter et analyser les inégalités de notre monde et les discriminations qui s’ensuivent pour réfléchir à comment lutter contre et les transformer; apprendre à travailler en équipe, gérer les conflits; prendre du recul sur nos actions quotidiennes et s’y plonger directement dedans pour les analyser collectivement… Voilà tout un éventail d’actions/réflexions que nous menons régulièrement avec les équipes de l’Afev!
Afev LyonAfev MarseilleAfev NiceAfev

Environnement en Ville : des convictions, des actions! – Nov. 2015 et Avril 2016
Dans le cadre de la formation Civique et Citoyenne des Volontaires en Service Civique, la Turbine à Graines en partenariat avec Johan Charvet, propose une formation intitulée « Environnement en Ville : des convictions, des actions! ». Quelles sont les conséquences (locales/globales) de nos choix au quotidien ? Comment agir en cohérence avec nos idées ? Comment s’organiser collectivement pour y parvenir ? Sur deux journées, nous échangeons sur les questions environnementales actuelles, nous découvrons des alternatives existantes en milieu urbain, nous réfléchissons nos modes de vie et leurs impacts pour ensuite tenter de proposer à notre échelle des solutions concrètes aussi bien individuelles que collectives!
Pour en savoir plus

Formations des animateur-rice-s des espaces de travail collaboratifs de la Drôme – Fév. 2016
Dans le cadre de la formation des futur.e.s animateur.rice.s des espaces de travail collaboratifs de la Drôme, le Greta a sollicité la Turbine à Graines pour les accompagner et les former sur deux sujets : les pédagogies participatives et les processus d’apprentissages ainsi que l’animation de réunions collaboratives. Ainsi, pendant 4 jours, nous avons réfléchit ensemble à leurs futurs rôles et postures d’animation de tiers lieux et espaces de coworking et découvert des méthodes de discussions, de réunions, et de prises de décisions participatives et collaboratives.
GRETA Drôme, Cédille, Pole Numérique