L’équipe

L’équipe des porteur-e-s de projet de La Turbine à Graines est constituée de trois personnes expérimentant un fonctionnement d’équipe horizontal et coopératif.

Nous fonctionnons en collectif d’intervenant-e-s, ce qui favorise l’inventivité et la finesse d’analyse par le croisement de regards sur les situations, ainsi que la prise de recul. Sur toutes nos formations nous intervenons en co-animation.

C’est dans le désir d’expérimenter l’autogestion dans un collectif de travail, et avec la volonté d’animer une démarche d’éducation au politique et de renforcement du pouvoir d’agir qu’il-elles se sont rejoint-e-s autour du projet de la Turbine à Graines.

 

Morgane GONNET, animatrice formatrice d’éducation populaire

De la solidarité internationale à l’action locale, Morgane rencontre l’éducation populaire politique à travers ses divers engagements. Entre Londres, Berlin et le Pérou, elle partage dans ses expériences de nombreux questionnements éducatifs et pédagogiques, avec les enfants autant qu’avec les adultes.

Elle travaille pendant 5 ans comme chargée de développement local pour l’AFEV dans les quartiers Nord de Marseille pour ensuite continuer vers l’accompagnement et la formation de personnes engagées dans des démarches de transformation sociale. En parallèle, elle est administratrice bénévole de l’Equitable Café, café associatif à Marseille pendant 4 ans et coordonne et anime dans ce cadre le réseau régional des cafés associatifs en PACA. Pendant 6 ans à Marseille, elle s’investie et milite dans différents collectifs citoyens, associations et structures à Marseille : le Collectif Vélos en Ville, l’Equitable Café, la Dar Lamifa, le collectif An 02 ainsi que les CEMEA. En parallèle à ses engagements, elle se forme auprès d’associations d’éducation populaire (l’Orage, le Vent Debout, Arc-en-Ciel théâtre, Chouf Chouf).

Ces divers engagements dans ces structures collectives et militantes l’amène à s’intéresser et à porter une attention particulière à l’expérimentation permanente, au(x) fonctionnement(s) collectif(s), aux alternatives positives et solidaires, à l’action locale, à la transformation sociale et à l’autogestion. En 2015, elle rejoint Julien et Coraline dans la Drôme pour créer ensemble la Turbine à Graines. Dans la continuité de ce qu’elle menait sur Marseille en terme de questionnements, elle explore entre autres, les champs du rapport au corps avec l’Improbable, des pratiques de soin avec des soignant-e-s, de la relation aux enfants et des rapports sociaux de genre.

 

Wim DELAMOTTE, animateur formateur d’éducation populaire

Entre animation jeunesse et éducation spécialisée, entre accompagnement en montagne et éducation à l’environnement, le parcours de Wim est à la croisée des chemins, là où se créent les mélanges et les rencontres, les frottements et les expérimentations.

Il a fait ses premiers pas dans l’éducation populaire en tant qu’animateur en colo, classes vertes et centre de loisirs, puis il a rejoint le chemin tracé par les centres sociaux à l’Espace Social et Culturel du Diois, et il a collecté dans sa besace les outils liés au développement du pouvoir d’agir des jeunes et à l’accompagnement de projets. Il a ensuite bifurqué sur le sentier du travail social en tant qu’éducateur de rue, sur lequel il a récolté des billes dans les domaines de la relation éducative et de l’accompagnement social. Ensuite, en tant que coordinateur du secteur jeunes du centre social de Die,  il a porté avec son équipe un projet éducatif à la croisée de l’éducation populaire et de l’éducation spécialisée, et il a arpenté les enjeux de territoire et développement social local.
A gré de ses voyages, il a vagabondé sur les routes d’Europe et d’Asie, à la découvertes de communautés humaines et des systèmes sociaux, économiques et politiques de ce monde. Il s’est souvent engagé, pendant quelques mois ou quelques années, dans la Drôme ou ailleurs, dans des projets collectifs en faveur de la justice sociale, de la transition écologique et citoyenne, de l’éducation politique.
Aujourd’hui impliqué à la Turbine à Graines, Wim souhaite continuer à explorer les interstices des différents champs de la transformation sociale, rendre visible l’invisible, contribuer à nourrir la puissance des collectifs, cheminer vers une émancipation commune.

Julien REVOL, animateur formateur d’éducation populaire

C’est la recherche et l’expérimentation continue d’alternatives et « d’utopies concrètes », de formes collectives plus coopératives et solidaires qui a animé l’engagement de Julien dans l’éducation populaire.

C’est d’abord dans ses études de philosophie et d’anthropologie sociale et culturelle qu’il se dote de grilles de lectures critiques. Puis il s’engage comme bénévole ou professionnel dans divers projets d’éducation populaire pendant plus de 10 ans.

Il a été notamment responsable d’un lieu d’accueil social et international dans les Hautes-Alpes au sein de l’association Les Villages des Jeunes. Il anime l’équipe, accompagne des jeunes et des adultes en situation d’exclusion, et travaille en lien avec l’international. Cette expérience lui permet notamment de requestionner l’approche dominante des métiers du social, et il participe à fabriquer collectivement d’autres réponses dans la lutte contre les exclusions, et à expérimenter d’autres postures d’accompagnement.

Il suit le cycle long de formation « éducation populaire et transformation sociale » auprès de la SCOP l’Orage, il s’engage dans d’autres formations notamment auprès du Crefad Lyon (entrainement mental) et de Peuple et Culture et continu à militer dans des mouvements d’éducation populaire comme Solidarités Jeunesses ou des collectifs locaux comme Curieuses démocraties.

 

Sophie QUENOUILLÈRE, animatrice formatrice d’éducation populaire

Passionnée par le voyage et la rencontre d’autres mondes, Sophie a d’abord roulé sa bosse au Mexique en accompagnant et soutenant des initiatives de développement local, des projets socio-économiques et de santé communautaire, visant l’autonomie et l’auto-détermination des populations et organisations locales. Elle prend alors conscience de l’enjeu du «faire avec les autres sans les autres, c’est le faire contre les autres ». Ceci résonne encore plus lorsqu’elle partage pendant près de deux ans des temps de formations auprès de communautés zapatistes où la recherche et la construction d’un modèle d’autonomie prennent concrètement forme. Cette rencontre vient bousculer ses manières de concevoir les relations humaines, la société mais également sa perception du monde. Inspirée, elle entame une formation en permaculture de 6 mois qui viendra nourrir son désir d’émancipation face au système et l’incitera à prendre plus de contrôle sur sa vie. Coopération, solidarité, interdépendances, autant de notions que la nature nous révèle au quotidien et dont on devrait s’inspirer dans nos relations au monde et aux autres.

De retour en France, elle rejoint le Planning familial de l’Isère, en tant que coordinatrice départementale et prend réellement conscience de ce qu’est ou ce que n’est pas une démarche d’éducation populaire. Au delà des tâches courantes de gestion de la structure, c’est avant tout l’animation de la vie associative et la gestion du collectif qui la passionnent. Cultiver les liens, bousculer les pratiques et les opinions, amener à (ré)interroger le sens des actions et du travail, les rapports de dominations en interne, questionner le lien avec les financeurs publiques, construire des stratégies collectives pour s’émanciper, autant de sujets qu’elle aura à cœur de proposer et d’animer au sein de l’association.

Curieuse et avec l’envie d’apprendre toujours plus, elle intègre le laboratoire de transformation sociale de l’Escargot Migrateur qui l’amène à transformer ses désirs profonds en « métier ». Celui d’animatrice d’éducation populaire ou comment former, intervenir, réfléchir, débattre, bousculer, redonner du pouvoir et de l’envie d’agir, le tout, en cultivant l’affect joyeux, devient son quotidien…

 


Les Coopér’acteureuses de la Turbine à Graines

Anaïs REVOL, animatrice de Danse Singulière, L’Improbable Association

La rencontre de la Danse Singulière m’a ouvert de nouveaux horizons en libérant ma danse des entraves du rapport au code, « de ce que la Danse devrait être ou ne pas être ». Ces espaces de Danses Singulières ont remis depuis quelques années la danse et les pratiques d’improvisation au centre de mon existence.
La pratique du Clown (pédagogie Eric Blouet) m’a permis de trouver un réel plaisir sensible dans le jeu de scène. Puis j’ai découvert le potentiel du travail de la voix à travers la méthode du Roy Art Theatre. Je me suis aussi aventurée dans l’univers de la Danse Contact Improvisation, des Underscores et des Jams protéiformes. Dans cet élan d’expérimentations perceptives multiples, j’ai contacté l’approche du Body Weather Laboratory (qui met au travail l’intersectionnalité corps-esprit-environnement) et expérimenté les liens entre état hypnotique et Composition Instantanée.

Avec la pratique régulière du Mouvement Authentique (dans un groupe autogéré), par l’expérimentation du « corps collectif » et de la performance sur l’espace public avec le Labo de danse du Diois, je continue à chercher de nouvelles portes d’entrée qui mènent à« l’état de danse ».
En parallèle de ces pérégrinations, je me suis formée à «l’animation de situations de mises en jeu du corps» (association Transit à Bordeaux) et fais partie du groupe de recherche action sur le « Devenir de la Danse Singulière » (espace d’échanges et d’élaboration entres praticien.ne .s de Danse Singulière).

Enfin, mon intérêt pour l’expression des corps en mouvements se double d’une curiosité pour la construction sociale, culturelle et politique de l’Humain. Avant de partager ma passion pour l’improvisation, j’ai étudié la philosophie et l’anthropologie puis ai exercé le métier d’éducatrice spécialisée dans différents lieux de vie et d’accueil social/international.

Aussi, les collectifs féministes dans lesquels j’ai milité m’ont permis de questionner les processus de construction des genres et des sexualités et, plus généralement, ont contribué à la co-création d’espaces singuliers de pratiques égalitaires et libertaires. C’est de ce cheminement, tissé avec la rencontre percutante de Morgane et la Turbine à Graines que l’atelier formation « corps et éducation populaire » est né…

Zoéline FROISSART, soignante facilitatrice – médecin généraliste

Arrivée naïvement sur les bancs de la faculté pour être «médecin social», j’intègre à l’insu de mon plein gré «l’élite de la nation» après un concours. Cette expression rapportée du week-end d’intégration me donnera envie de fuir tous les discours élitistes des Professeurs et l’humour sexiste des carabins. J’ai pris la route de l’école buissonnière… Dans un projet international, j’ai découvert le monde associatif étudiant. Avec eux, j’ai appris patiemment à questionner les fonctionnements du monde et puis tout naturellement ces questions me sont revenues en pleine tête. J’ai aimé ces différences qui nous rassemblent, découvert la générosité de l’être humain et appris à écouter les histoires des gens croisés sur la route. Ainsi je découvrais la rencontre et l’écoute loin des couloirs hospitaliers et des bancs de la faculté.

Au retour, j’ai intégré le réseau national MEDSI, véritable école de vie politique où j’y ai construis une famille. De réunions en construction de congrès divers, je me suis formée quelques années avec l’association Starting block : de la question du «public» à la place de l’animateur, je découvre l’éducation populaire, véritable manière d’être : accepter le questionnement, construire une horizontalité avec écoute et humilité, l’importance des savoirs chauds, nommer et détricoter un conflit, …

Finalement rattrapée par les études, je me retrouve face à moi-même. A l’heure du bachotage intensif, j’ai finalement choisi mes propres matières : humanité et empathie sur les routes de France, gestion des émotions et création dans un théâtre. J’ai débuté le clown au théâtre Marie Jeanne où j’ai brillamment obtenu le droit de créer : Gribouille est née. Avec elle, j’ai redécouvert le naïf étonnement : «toi qui a l’air de savoir, apprends-moi».

A force de tricoter des questionnements, j’ai appris à dire «je ne sais pas», à écouter le cœur et les poumons mais aussi les interrogations et les souffrances des patients. J’apprends avec eux. Je prête mes oreilles attentives à toutes ces paroles qui me sont offertes et je tends mes bras maladroits. Si j’ai gagné du savoir à la faculté, extrait des pages polycopiées, ce sont les patients qui m’apprennent à être. Et à trouver à tâtons les mots qui apaisent, questionnent, accompagnent …

Benjamin LARVOIRE, éducateur spécialisé

Éducateur spécialisé diplomé de l’IRTS de Rennes, il a exercé cette fonction dans différentes structures (appartements éducatifs, séjours de rupture, etc.) avant de travailler comme responsable éducatif dans un village d’éducation populaire qui propose à des personnes nécessitant un accompagnement spécifique (jeunes de la protection de l’enfance, adultes fragilisés, etc.) de rejoindre la vie d’un collectif en chantier et d’y trouver les matériaux nécessaire à la redécouverte de soi. Les démarches pour l’obtention d’une habilitation lieu de vie sur cette structure, ainsi que le travail au quotidien l’amène à chercher comment faire se croiser les outils et affirmations de l’éducation populaire avec les enjeux et pratiques du champ du social et à le rendre lisible. Il a également animé un certain nombre de temps de formation au sein du mouvement Solidarités Jeunesses autour de l’éducation populaire et des gestes d’accompagnement. Ces pratiques sont en lien avec des affirmations politiques développées par ailleurs, au sein de collectifs ou encore lors de mouvements sociaux.

Perrine BOISSIER, animatrice formatrice, design, innovation sociale et éducation populaire

Depuis les chemins buissonniers des arts appliqués, elle a pris les autoroutes des agences d’éco-design, puis les impasses de la médiation culturelle et de la rénovation urbaine. Elle s’est ensuite arrêtée dans un chantier tout neuf de “tiers lieux opensource”, pour enfin prendre la direction de l’éducation populaire, où elle continue à cheminer. Elle vit cette aventure avec le titre de « créateur concepteur » et défend l’idée d’un design participatif d’efficacité sociale et politique. Engagée par ailleurs dans des démarches alternatives, elle jardine/dessine/cuisine… des petites formes poétiques et co-construites, pour provoquer des rencontres, des échanges de pratiques et de savoirs, de pairs à pairs.

Elle a travaillé notamment avec les FALTAZI sur un projet prospectif d’autonomie alimentaire de la ville de Nantes en 2010, avec Strategic Design Scenario et la 27ème Région, laboratoires d’innovation publique en 2011, pour rejoindre le Bruit du Frigo set Bureau d’Études sur un projet de cohabitation des espèces humaines, végétales et animales en ville à Bordeaux. Avec l’office, elle a développé des outils de coopération, facilitation et médiation dans le numérique. Aujourd’hui, elle porte la démarche de l’école flottante : une école en forme de bulle, de parenthèse, comme un milieu propice pour apprendre à apprendre. Démarche expérimentale proposant des rencontres apprenantes sans professeur ni élève, de pair à pair, dans des lieux possibles, sur l’articulation faire et penser.