Nos ateliers-formations à venir
Explorer les sexualités : De l’intime au social.
– « Jouir sans entraves ?! » –
Du 9 au 12 février 2027 – Habiterre – Die (26) – En co-animation avec Nina Jail du Nousistan
Jouir de nos vies, jouir de nos corps, jouir de nos sexualités… Un désir légitime c’est certain, mais parfois aussi une nouvelle injonction sociale… Pas si simple!
La complexité de partager nos sexualités avec d’autres fait partie des défis de notre époque. Des désirs, des identités et des pratiques différentes de la norme s’affirment de plus en plus fort, tout comme l’exigence de consentement et d’auto-détermination. L’amour se réinvente sous de multiples formes relationnelles, affectives et sexuelles.
La sexualité peut être source d’épanouissement et de destruction, d’un plaisir immense et d’une violence sans nom. Il nous semble nécessaire d’aborder ces sujets pour pouvoir inventer plus librement et vivre plus sereinement nos sexualités.
Penser et agir dans la complexité
Découvrir l’Entrainement Mental dans une perspective d’éducation populaire.
Du 9 au 12 février 2027 – Grenoble (38) – Animé par La Turbine
Cet atelier-formation vous invite à découvrir une approche des situations complexes à visée transformatrice : L’entraînement mental est une méthodologie invitant à cultiver son esprit critique, éclairer la finalité de nos actions, situer son point de vue. Il s’agit de s’entraîner à repérer les contradictions, résister aux solutions toutes faites et aux évidences moralisatrices. L’entraînement mental est une façon de renforcer nos capacités individuelles et collectives d’expression, d’analyse, d’imagination et d’action, à partir de situations concrètes issues de nos vies quotidiennes. C’est notamment à partir des situations concrètes des participant-es que nous favoriserons la découverte, la pratique et l’entraînement des mécanismes de pensées pour agir et prendre des décisions.
Constituée à partir de foyers de Résistance puis par Peuple et Culture à partir de 1945 et actualisée en permanence depuis, cette méthode favorise le croisement des regards et l’analyse collective pour s’entrainer à arbitrer dans une multiplicité d’enjeux.
Penser la race, comprendre la domination raciale, s’organiser contre le racisme.
Du 24 au 26 mars 2027 – Grenoble (38) – animé par Entre-autres
Cette formation vise à définir et à comprendre comment la construction sociale de la race organise nos vies et nos sociétés. En mobilisant des éclairages des sciences sociales et à partir de partages d’expériences liées au racisme, elle propose d’ouvrir un espace de réflexion sur nos pratiques associatives, militantes et professionnelles. Il s’agira de débusquer les mécanismes de l’ordre racial, d’en comprendre les ressorts et d’inventer des chemins pour le défaire. Enfin, puisqu’il n’y a pas d’oppression sans résistance, nous imaginerons ensemble d’autres possibles et ferons de nos imaginaires un espace pour créer des futurs désirables.
Plus d’infos et programme par ici

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Notre dernier édito :
Lettre d’info #44 – mai 2026
4ème de couverture du livre RESISTANCES AFFECTIVES de Chowra Makaremi, ed. La Découverte 2025
Cultiver nos résistances affectives
« L’indignation est un mouvement politique plus compliqué qu’il n’y paraît, et cette complexité nous renvoie au brouillard qui plane sur notre puissance d’agir. Comment nos attachements les plus élémentaires nourrissent-ils des formes d’organisation et d’action qui donnent corps à la question de la résistance, et parfois la déplacent ? Nous l’observons à chaque fois que l’expérience collective du deuil et l’expérience intime de la parenté se transforment en mouvements politiques fondés sur le chagrin, la colère et l’amour : les Mères de la place de Mai en Argentine, le combat d’Assa Traoré en France, le mouvement de Black Lives Matter aux Etats-Unis, la résistances des mères musulmanes de Shaheen Bagh qui a renouvelé la lutte pour les libertés publiques en Inde, le soulèvement Femme, Vie, Liberté en Iran… Comment cette résistance à travers l’attachement aux autres, à la vie, aux expériences sensibles – souvent observées sur des terrains lointains de violence et de guerre – nous outille-t-elle pour faire face à ce qui nous arrive ici ? »
Extrait de l’introduction de « Résistances Affectives » de Chowra Makaremi, cette citation nous a semblé rassembler toute la force et la complexité de ce qui nous meut depuis plusieurs années dans la recherche des liens entre nos petites histoires et la grande Histoire, entre nos expériences singulières et nos constructions sociales, entre l’intime et le politique… À travers son enquête, Chowra Makaremi nous fait comprendre combien nos liens d’attachements, nos familles, nos relations sociales sont au cœur de nos engagements.
« C’est ce qu’explore ce livre, en scrutant des expérience de résistance : le miracle de leur formation, leur persistance infinie face aux politique de la cruauté, et leurs points d’ancrage multiples – dans le danger et dans la douceur, dans les appels à la mort et les appels à la vie. Le brouillard n’est pas un écran, il est le lieu où le regard apprend à désirer, à l’intérieur, l’opacité s’atténue ».
Plonger dans le brouillard, apprivoiser le flou, le trouble, l’incertitude, et apprendre à être affecté·e, voilà une voie qui ouvre de l’espoir. En effet, Chowra Makaremi nous invite à cultiver ce qu’elle appelle une « pratique de l’espoir » qui repose non pas sur un optimisme raisonnable (qui évaluerait en amont les impacts de nos actes pour choisir « si ça vaut la peine » ou non), mais plutôt sur un courage déterminé, relié à nos affects, à nos liens et au désir de les faire vivre et perdurer. Elle propose d’apprendre des pratiques d’espoir et de courage des femmes iraniennes et affirme qu’on se trompe en applaudissant leur courage de l’extérieur, alors qu’il s’agit plutôt de résonner intimement avec elles : « Cette façon de sentir de l’empathie, ce que j’appelle une politique de l’amour, ou une résistance affective, c’est une façon de lutter pied à pied contre les efforts du pouvoir pour retisser la trame de l’indifférence. » Produire de l’indifférence à la violence étant, comme elle l’explique dans cet interview, un pilier de l’autoritarisme.
Cultiver nos résistances affectives, dans chacun de nos collectifs et de nos espaces de vie : familles, ami·es, amours, collègues, camarades, voisinages, nous semble devenir crucial.
Dans notre dernière lettre d’infos « décoloniser nos corps » nous faisions le constat que nous sommes tous·tes colonisé·es par des modes de pensée et de production qui nous coupent de la capacité à nous relier aux autres, de nos capacités de résistances affectives en somme. Nous invitions à regarder comment nous reproduisons nous-même l’ordre colonial pour chercher à inventer d’autres manières d’être en lien et retrouver de la force collective. Dans cette perspective, nous tentons de faire de nos espaces d’éducation populaire des lieux d’entraînement aux pratiques du courage et de l’espoir (voir aussi notre édito en échos au triptyque de Corinne Morel Darleux: Lucidité, Volonté, Beauté comme boussole dans le brouillard), et d’y cultiver des formes de tendresses radicales.
C’est dans cet élan de transformation individuelle et collective que nous vous proposons cet automne différentes plongées sensibles : avec Juliette Rousseau et Nicolas Haeringer pour continuer à lutter en cultivant la joie ; avec Otratierra pour explorer la puissance de la colère, mais aussi dans la constructions de nouveaux imaginaires de la famille ; et enfin avec nous dans l’exploration du conflit comme moteur de transformation de l’intime au social.
Planche de sérigraphie pour le 1er mai 2026 à Die

