Notre culture pédagogique et ses outils

Entraînement mental : une démarche pour penser et agir dans la complexité

De la même façon qu’on conçoit un entraînement physique pour le corps, l’entraînement mental propose des exercices, une gymnastique, une pratique individuelle régulière pour cultiver une pensée critique autonome en lien avec le réel.
Cette démarche de formation s’adresse à toute personne adulte qui en serait curieuse et ne requiert pas d’autre préalable que l’envie de la découvrir.
L’entraînement mental est issu de l’histoire du mouvement d’éducation populaire Peuple et Culture et transmis par différentes structures, avec différentes approches selon les évolutions et les choix.

 

L’analyse institutionnelle et ses différents principes d’intervention

Issue de la pédagogie et de l’analyse institutionnelle, branche de la sociologie critique, nous intervenons en « socianalyse », un dispositif adapté aux situations de blocage ou de crise dans un groupe (structure, famille, collectif, organisation, ou toute autre forme collective). Proposer ce dispositif, c’est permettre « l’autogestion du processus », c’est à dire, remettre l’analyse et la gestion de la situation dans les mains des personnes concernées. Au cours de nos interventions, nous organisons les conditions nécessaires pour que chaque personne puisse se réapproprier la situation vécue, mieux la comprendre, être entendue, prendre du recul, et que l’assemblée puisse être en mesure d’élaborer ses propres solutions. Le dispositif qu’est la socianalyse révèle les multiples mécanismes explicites et implicites de l’organisation actuelle pour permettre sa transformation concrète.

 

L’arpentage

C’est une méthode de lecture collective initiée dans les cercles d’études ouvriers du XIX° qui permet de s’approprier un ouvrage ou un corpus de textes thématiques. Elles visent à faire résonner des « savoirs froids », des savoirs théoriques avec les « savoirs chauds », les savoirs d’expérience des participant-e-s. Elle permet de sortir d’un rapport normé et scolaire à la lecture en revivifiant son rapport au savoir théorique et en permettant de s’aventurer dans des champs de savoir réputés compliqués et réservés aux initi-é-s. Elle permet aussi à un groupe de se doter de références et grilles de lecture communes, d’exercer son esprit critique, et de s’outiller théoriquement pour interroger et nourrir l’agir.

 

Les enquêtes sensibles aussi dites enquêtes d’autoconscientisation

L’enquête dont on parlera ici est une «recherche méthodique reposant notamment sur des questions et des témoignages» à visée de connaissance de la réalité sociale et surtout d’outil de libération des opprimés, c’est-à-dire au-delà de la collecte d’informations un moyen de conscientisation et d’organisation.

Le théâtre forum

Le théâtre forum constitue l’une des formes du théâtre de l’opprimé, dont les techniques incluent une dimension participative et éducative. Au travers du théâtre forum, il s’agit de choisir une situation conflictuelle ou qui pose problème, de la mettre en scène, puis de permettre aux spectateurs et spectatrices d’intervenir sur scène pour modifier son déroulement de manière constructive. Il permet d’interpeller chacun sur le rôle qu’il tient dans la société, de visiter les positions sociales dans lesquelles celle-ci nous enferme et d’en étudier collectivement les conséquences. Travailler la conflictualité sociale de manière productive donne alors la possibilité de mieux appréhender la citoyenneté et de re-nouer le lien social. Avec cette méthode, nous ne cherchons pas de solution mais nous nous donnons les moyens de nous rencontrer, de confronter nos opinions et de négocier les changements possibles et leurs conséquences. En savoir plus…

… et tant d’autres comme : 

la météo (d’ouverture et de clôture), les groupes de suivi, le pense-écoute, doutes et certitudes, ma place dans le monde, le Groupe d’Interview Mutuel, le Gro-débat, le world café, le débat mouvant, le forum ouvert, etc..

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…sur le terrain et notamment dans « les semailles », il nous arrive de travailler avec :

Le porteur de paroles

C’est une méthode d’intervention dans l’espace public qui permet d’aller à la rencontre et de créer de l’échange, à partir d’une question que l’on affiche de manière visible. Les porteurs de paroles, « accoucheurs de parole », recueillent des témoignages et valorisent la pensée et les points de vue de chacun-e en l’affichant sous forme de panneaux qui rentrent en résonnance les un-e-s avec les autres et peuvent être lus par tou-te-s les passant-e-s. Porter la parole ça n’est pas revendiquer un point de vue particulier sur une question. C’est prendre conscience qu’on a tou-te-s des choses à dire, même sur des questions politiques. En savoir plus…

Les brigades mobiles

C’est une variante « légère » du porteur de paroles qui consiste à se promener seul-e ou à deux avec une question d’accroche déclinée de manière visible sur un panneau et échanger avec les passant-e-s à partir de cette phrase.

 

La conférence populaire

Penser et croire à l’égalité des intelligences suppose des méthodes qui soient en cohérence avec ce principe. La Conférence Populaire est une conférence, sans « expert-e-s », où ce sont les participant-e-s qui sont aussi les conférencier-e-s. Elle propose à un groupe de se mettre en situation pour produire collectivement de la connaissance à partir des savoirs de chacun. Cette production s’opère dans la rencontre des opinions, des points de vue et leur échange non conflictuel. Les participant-e-s apprennent quelque chose les uns des autres au lieu de l’apprendre d’une seule personne. En savoir plus…

 

Le ciné-débat

A partir d’un film qui offre un regard singulier sur le monde, le ciné-débat c’est échanger ensemble sur notre réception d’un film, interroger nos émotions et nos représentations. Et prolonger les questions que soulèvent le film dans le cadre d’une discussion collective.