L’Actu

Et voici notre programme 2019 fraîchement arrivé!

Le voici disponible en ligne et bientôt chez vous en papier ! (Cliquez sur l’image)


Cliquez ici pour accéder au calendrier des prochains ateliers-formations

 

La Turbine à Graines, un laboratoire d’éducations populaires

Edito 2019

À la Turbine à Graines, la question du lien entre l’individu et le collectif continue à nous agiter fortement. Nous explorons ce sujet à partir de nos propres réalités et de nos terrains d’aventures collectives chez nous ou ailleurs, en partageant nos vécus, en nous nourrissant de nos interventions auprès de collectifs que nous accompagnons, en nous inspirant de la philo, de la psycho-socio, de l’analyse institutionnelle, de l’art, de la littérature,…

Il semblerait que petit à petit, à force d’échanges sur nos réalités, de frictions de nos singularités, d’intime précieusement livré ou soigneusement protégé, nous soyons en train d’inventer notre propre culture de la parole. Cette parole tellement puissante, créatrice et destructrice, sujette à toutes les méprises et les émois, nous lie et nous délie, pour mieux nous relier encore, dans un mouvement aléatoire et surprenant. Aussitôt le besoin de se protéger peut se fait sentir : un réflexe individualiste salvateur pour préserver son intégrité et ne pas se perdre dans le collectif. Du fond du ventre jaillit le besoin de se sentir exister pleinement, de se sentir reconnu, vivant ; le refus de la domination ; l’exigence de justice, de liberté… Et combien de fois le collectif nous renvoie le sentiment d’être nié, opprimé, enfermé ! Mais toujours, la nécessité absolue de la parole nous rattrape au grand galop, pour appréhender la complexité du vivre ensemble et pour continuer à créer du commun. Il s’agit de se dire, sans cesse, qui l’on est, ce qu’on l’on vit, ce qui nous traverse malgré nous, avec authenticité et autant que faire se peut, avec tact. Et malgré toutes les maladresses et tout le risque pris, la parole s’avère salvatrice pour se relier à l’autre et à soi-même.

Cette année, nous avons envie de partager avec vous ces recherches, et nous proposons aux collectifs d’ouvrir des espaces où cette parole peut (ré)exister avec notamment des dispositifs d’intervention issus de l’analyse institutionnelle. Nous vous invitons aussi à venir explorer comment nos vécus personnels sont éminemment politiques et comment affirmer nos singularités tout en œuvrant à une transformation collective, dans chacune de nos formations et à travers deux nouveaux cycles d’ateliers :

– « Flics dans la tête » : Cycle de trois weekends de pratique des techniques introspectives en Théâtre de l’Opprimé.

– « Je travaille, moi non plus ! » : Cycle d’ateliers mensuels pour comprendre et transformer notre rapport au travail.

Nous nous réjouissons des aventures communes à venir et sommes curieux de vous rencontrer, personnes singulières et collectifs en tout genres.

 

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Lettre d’infos #12 – Septembre 2018
La Turbine à Graines
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Cultiver une attention sans intention
Graines de Turbine #12 – Septembre 2018
« Athènes est comme un cheval paresseux, et moi, je suis comme un taon qui essaie de le réveiller et le maintenir en vie. » Platon, L’apologie de Socrate

Comment faire rimer éducation avec émancipation ? C’est une des questions à la Turbine à Graines qui sont pour nous un point d’appui, une étincelle, pour continuer à inventer des formes à partir desquelles mettre en mouvement nos paroles, nos savoirs, nos expériences, notre esprit critique, nos imaginaires, nos corps.

Tout ce travail ne se fait pas sans vigilance. Certains savoirs prétendument neutres, non situés, « universels » auraient plus de poids, de valeur, seraient plus légitimes que les savoirs populaires, les savoirs des sorcières, les savoirs de nous tous et toutes, chercheuses et trouvailleurs du quotidien. Dans toute relation pédagogique peut se jouer un rapport de domination. Lié à l’âge, comme dans le rapport adulte/enfant. Lié au rapport de classe, avec des formes culturelles davantage reconnues que d’autres. Nous pourrions aussi citer le sexisme, le racisme, le validisme : tous les rapports sociaux travaillent la relation éducative, au point où nous pourrions nous demander si nommer cette relation comme éducative ne serait pas une manière de masquer les enjeux de pouvoirs et d’impositions qui se jouent à cet endroit-là.

Si éduquer c’est permettre à des humains de « croitre en humanité », il s’agit pour nous de ne pas prédéfinir ce qu’est cette humanité, et de permettre à chacun-e de travailler cette question à son endroit. C’est un enjeu éthique au centre de notre action : celle de laisser l’espace nécessaire pour se dire ce qu’est une vie désirable, quel humain je souhaite être, sur quels devenirs je m’invente. Et esquisser des réponses à tout ça dans le réel du monde, faire des tentatives en acte.

Dans ces endroits où se joue cette coéducation qui nous parle de l’éducation populaire dont nous sommes les héritier-es, il importe pour nous de ne pas avoir de projet sur l’autre, tout en maintenant une grande exigence de travail. Le « maitre ignorant » dont nous parle Jacques Rancière n’est pas un maitre qui laisse faire, qui abandonne, qui s’en va. C’est un maitre qui à partir du postulat de l’égalité des intelligences soutient la volonté de recherche et d’apprentissage des personnes qu’il accompagne. Il n’enseigne rien, il n’explique rien, mais il reste là pour que les choses tiennent, il soutient la rigueur du cheminement, il lui importe que reste éveillé et vivant le désir de savoir.

Eduquer est ainsi une intention tout aussi passionnante qu’impossible, voire dangereuse quand cette entreprise bascule vers la rééducation, la domestication. Il s’agit alors de travailler avec la conscience de l’inabouti, de l’inachèvement , et cette incertitude qui nous enjoint à sans cesse remettre le travail sur son ouvrage. Pour cultiver une forme de présence, d’attention sans intention, où la prise en compte de l’altérité radicale de l’autre n’empêche pas un travail commun. Un travail de la tendresse où soit visé l’autonomie : se donner à soi même ses propres lois, devenir sujet, plutôt que d’être un objet agi par des croyances, des idéologies, des opinions dominantes et des peurs.

ATELIERS-FORMATIONS A VENIR
Deux ateliers-formations viendront cet automne mettre le focus sur cette question de l’éducation

Transformer notre relation aux enfants  – Penser la relation adulte/enfant dans sa complexité
du 31 octobre au 2 novembre 2018 – Habiterre – Die (26)
Animé par Morgane Gonnet et Perrine Boissier de l’école flottante

Le social en travail – Interroger nos postures et transformer nos pratiques d’accompagnement et de travail social du 5 au 9 novembre 2018 – Le Faï – Le Saix (05)
Animé par Julien Revol et Benjamin Larvoire – Educateur Spécialisé
Et deux autres propositions d’ateliers-formations au cœur de notre travail d’éducation populaire à venir prochainement

Animer l’intelligence collective Expérimenter l’éducation populaire pour renforcer la participation et la coopération du 12 au 16 novembre 2018 – Habiterre – Die (26)
Animé par Wim de Lamotte et Sophie Quenouillère

Penser et agir dans la complexité Découverte de l’Entrainement Mental
du 11 au 14 décembre 2018 – Habiterre – Die (26)
Animé par Julien Revol

Vous pouvez consulter le reste de notre programme de formations ici, avec les nouvelles propositions pour l’année 2019.

DES ACCOMPAGNEMENTS
La traversée d’une crise pour une structure est un moment difficile, voire violent et douloureux, avec des sentiments de paralysie, ou au contraire de bouillonnements trop intenses où tout va trop vite, où tout est trop flou. Si une crise apparait souvent comme un obstacle insurmontable pour les personnes qui y sont plongées, elle est aussi une opportunité pour poser les vécus sur la table, soulever les tapis, rebattre les cartes, se réinventer. La crise est ainsi le terreau d’une métamorphose, et c’est pourquoi à la Turbine à Graines nous y voyons toutes les potentialités pour venir à ces moments là intervenir en tant que tiers.

Nous pouvons également vous accompagner dans des moments plus calmes sur des questionnements liées à vos pratiques, à votre organisation. L’occasion de sortir le nez du guidon, faire un pas de côté, penser ce que l’on fait, et se donner l’ouverture vers d’autres possibles.

DES SEMAILLES
Début 2019, nous allons aussi lancer un cycle de 3 WE « flics dans la tête» qui nous permettra de lutter collectivement contre nos empêchements à agir, ou les moments où on agit « malgré nous ». Une manière de contrer l’intériorisation des oppressions sociales à partir des techniques introspectives en théâtre de l’opprimé. Ces WE seront animé par Julien et Marie-France Duflot de la compagnie NAJE et compagnie de l’envol.

Cette année Wim et Sophie vont animer un cycle d’ateliers mensuels chaque deuxième jeudi du mois à la MJC du Grand Charran à Valence. Une invitation à partager nos vécus au travail, à s’entraider, à questionner nos représentations, nos coryances, nos idées reçues, pour réinventer des manières de vivre son travail.

à très vite, on espère!!
#MerciBanksy#