Calendrier

Les programmes de formation détaillés sont disponibles sur demande

Repenser les pratiques de soin Santé et éducation populaire
co-animé avec Marine Couvreur (Médecin en centre de santé communautaire)
du 4  au 8 mars 2019 – Habiterre – Die (26)

Sortir de nos autoroutes – Entrainement Mental et Danse Singulière
co-animé avec l’Improbable
du 25 au 29 mars 2019 – La Ferme du Faï – Le Saix  (05)

Je travaille, moi non plus – Entre oppression et émancipation, comprendre et transformer notre rapport au travail
du 1er au 3 Février 2019 – Valence (26)

Du corps poétique au corps politique Penser le corps et le mettre en mouvement
co-animé avec l’Improbable
du 15 au 19 avril 2019 – Le Faï – Le Saix (05)
du 28 octobre au 1 novembre 2019 – Le Faï – Le Saix (05)

Penser et agir dans la complexité Découverte de l’Entrainement Mental
du 11 au 14 décembre 2018 – Habiterre – Die (26) – en partenariat avec Solidarités Jeunesses
du 10 au 13 décembre 2019 – Drôme (26)

Animer l’intelligence collective Expérimenter l’éducation populaire pour renforcer la participation et la coopération
du 17 au 21 juin 2019 – Vaunières – Saint Julien en Beauchène (05)
du 11 au 15 novembre 2019 – Habiterre – Die (26)

Ceci n’est pas un stage Arts et Education Populaire
co-animé avec Julie Clément – artiste plasticienne/photographe
du 3 au 7 juin 2019 – Le Faï – Le Saix (05)

Transformer notre relation aux enfants  – Penser la relation adulte/enfant dans sa complexité
du 21 au 23 octobre 2019 – Habiterre – Die (26)

Le social en travail – Interroger nos postures et transformer nos pratiques d’accompagnement et de travail social
co-animé avec Benjamin Larvoire – Educateur Spécialisé
du 14 au 18 octobre 2019 – Vaunières – Saint Julien en Beauchène (05)

Les Flics dans la tête – Techniques introspectives en théâtre de l’opprimé
coréalisé avec la compagnie NAJE et la compagnie de l’Envol, et coanimé avec Marie-France Duflot
dates : un cycle de 3 WE : les 26 et 27 janvier, les 9 et 10 mars, les 22 et 23 juin
lieu : vallée de la Drôme.

 

Du 4 au 8 mars 2019 – Habiterre – Die (26)

Santé et Education Populaire
co-animé avec Marine Couvreur (Médecin, Centre de Santé Communautaire « le village2santé »)

Patients*, résidents, usagers, ou même client-e-s, autant de termes qui nous désignent en tant que soigné-e-s.  Médecins, thérapeutes, sages-femmes, travailleurs sociaux, infirmier-ière-s autant de mots pour désigner les soignant-e-s. Et entre les deux, quels liens ? Quelles relations se jouent lorsque nous nous rencontrons ? Le-la soigné-e est-il/elle toujours fragile, faible et impuissant-e face à la maladie, la souffrance, la douleur ? Et le-la soignant-e a-t-il/elle toujours la Vérité et la réponse à tous nos maux ? Dans cette relation basée sur le pouvoir par le savoir, comment construire une relation plus égalitaire pour que ressentis et expériences des un-e-s (savoirs chauds) rencontrent les savoirs théoriques des autres (savoirs froids), et s’enrichissent mutuellement ?

Dans une société qui tend à l’hygiénisme, au tout médicalisé, à l’obsession de la santé parfaite et au risque zéro, comment se ré-approprier notre santé ? Comment inventer d’autres pratiques émancipatrices pour devenir auteur-e et acteur-rice de notre propre santé ?

Durant ces 5 jours d’atelier-formation, nous questionnerons les normes constitutives de notre rapport au corps et à la santé pour reprendre du pouvoir d’agir dans la relation de soin. Nous réfléchirons à la relation soignant-e-s-soigné-e-s pour repenser le-la soignant-e comme un-e facilitateur-rice, un-e accompagnateur-rice. Nous analyserons la manière dont l’environnement de travail et les institutions de soin façonnent la relation des soignant-e-s et soigné-e-s à la santé et nous réfléchirons à comment construire des pratiques coopératives dans les équipes, et plus largement avec les soigné-e-s, dans des approches communautaires ?

Nous animerons ces 5 jours en résidence comme un laboratoire d’expérimentation. Nous travaillerons à partir des « chantiers » (situations) de chacun-es. Nous expérimenterons des outils d’éducation populaire pour mener une analyse collective à partir de nos expériences et envisager des pistes de transformation de nos postures et de nos pratiques à notre niveau, et plus globalement pour participer à celle de notre système de santé.

* Pour une raison de lisibilité, nous avons fait le choix de ne pas féminiser la totalité des mots, ça n’est pas un oubli!

Du 25 au 29 Mars 2019 – Drôme (26)

Entrainement Mental et Danse Singulière
co-animé avec l’Improbable

S’émanciper de nos cadres habituels, tel est l’enjeu de l’entraînement mental et de la Danse Singulière. L’un prend le chemin de la pensée pour tenter un agir davantage libre et conscient, l’autre celui de la danse pour trouver un rapport plus libéré et sensible à son corps et au collectif.

L’entraînement mental est une méthode d’éducation populaire qui s’est constituée dans le cadre de la Résistance et qui continue depuis à se renouveler. Le point de départ est la mise au travail de situations concrètes insatisfaisantes (quotidiennes, professionnelles ou militantes) en vue de les transformer. Cette méthode favorise le croisement de regards entre pairs et l’analyse collective. Elle invite à la vigilance dans la conduite du raisonnement et aiguise notre capacité à saisir les situations dans toute leur complexité, en mettant au travail nos contradictions. La mise en mouvement de la pensée s’effectue notamment en convoquant nos « savoirs chauds » (issus de nos expériences vécues) et en allant « braconner » du côté des savoirs froids (sciences humaines, théories critiques…). L’entraînement mental offre finalement une manière structurante de cheminer pour travailler le sens de nos actions. Il met en jeu notre responsabilité en questionnant notre éthique en situation.

La Danse Singulière est une démarche de danse libre et improvisée. Pas de pas à apprendre où à suivre : la mise en jeu et en mouvement du corps amène chacun-e à se libérer d’un rapport codifié à la danse. Cette situation ritualisée amène à sentir comment chaque danse est traversée par notre histoire, notre imagination, nos sensations, nos souvenirs, notre rapport à l’autre et au monde. Le cadre de la Danse Singulière amène à remettre en jeu ces différentes inscriptions corporelles et à ouvrir de nouveaux espaces du possible. Elle est un terreau de création individuelle et collective sans cesse renouvelé. En référence au courant de l’art brut, de l’art « hors les normes », ce dispositif invite chacun.e à découvrir l’émergence de sa propre danse, reflet de nos identités personnelles et collectives.

Le pari de cette rencontre est de faire entrer en résonance la mise en jeux de nos corps et le travail de la pensée. Il s’agit de déconstruire collectivement les rapports normés et descendants aux savoirs et à la danse pour favoriser la réappropriation par tou-te-s de ces deux champs. Ce stage s’adresse donc à tou.te.s, il n’est pas question de niveau de danse ou de savoirs requis.

Nous proposons ici deux dispositifs très distincts dans leurs couleurs et leurs méthodes d’intervention, mais qui, au fond, travaillent les mêmes finalités: mettre au travail nos singularités individuelles et collective, mettre en jeu concrètement nos libertés pour se donner des espaces où transformer nos existences et notre rapport au monde.

Du 1er au 3 Février 2019 – à Valence (26)

Entre oppression et émancipation, comprendre et transformer notre rapport au travail

Source d’épanouissement personnel, de lien social et de revenus économiques, le travail s’impose comme une évidence et prend souvent une place considérable dans nos vies. Considéré comme le socle de notre société, il est décrié par certains et érigé en valeur absolue par d’autres. Pour tous, il transforme le rapport au monde et à soi-même. Il semble dès lors crucial de prendre du recul pour comprendre ce qui se joue dans notre rapport au travail et éventuellement le transformer, pour que le travail reste un levier d’émancipation.

Aujourd’hui, nombre de personnes sont en souffrance au travail, déplorent la perte de sens, d’envie, de motivation dans leur quotidien professionnel. Parfois même, ce mal-être est dû à des pressions hiérarchiques, du harcèlement ou d’autres formes d’oppression. Ces situations sont vécues par toutes les couches sociales, que l’on soit ouvrier-e, employé-e, cadre, ou auto-entrepreneur, travaillant dans des associations, collectivités locales, entreprises et dans tous les secteurs confondus. Course à la rentabilité, impératif d’efficacité et injonctions paradoxales finissent par générer burn out, stress, sensation de ne jamais avoir de temps.

De nouvelles formes d’organisation du travail ou de management sont imaginés pour limiter les risques « psychosociaux », mais elles n’empêchent pas la souffrance au travail. Plus insidieux encore lorsque, sous couvert de prendre soin de l’autre et d’être attentif à l’humain, ces stratégies organisationnelles opèrent exactement le processus inverse, c’est-à-dire un rapport de domination ou d’oppression qu’il est parfois difficile de cerner, de reconnaître et de s’en libérer.

Cet atelier vise à partager nos vécus, nos expériences, à aller questionner nos représentations et notre rapport au travail. Il s’agit avant tout d’ouvrir un espace hors du quotidien, un espace de solidarité, de réflexion autour de ces oppressions. D’où viennent-elles ? Pourquoi sont-elles si prégnantes ? Comment le fonctionnement de nos organisations vient-il les alimenter ?   Comment puis-je agir dessus ? Comment s’organiser collectivement pour s’en émanciper ?

Nous nous appuierons sur les méthodes de l’éducation populaire, comme l’ont fait les cercles ouvriers et les collectifs de travailleurs depuis le 19e siècle, pour prendre conscience de leur condition, créer une culture commune, s’armer intellectuellement et renforcer leur pouvoir d’agir. Ces méthodes coopératives se basent sur le croisement entre les ressources et le vécu des personnes présentes et des braconnages dans les théories des sciences humaines, en considérant chacun-e comme le meilleur expert de sa propre vie.

du 15 au 19 avril 2019 – Le Faï – Hautes Alpes (05)
du 28 octobre au 1er novembre 2019 -Le Faï – Hautes Alpes (05)

Corps et Education Populaire – Penser le corps et le mettre en mouvement
co-aniné avec l’Improbable

Venir questionner le corps dans une perspective politique amène à s’interroger sur la façon dont nos corps sont construits socialement et culturellement et sont donc emprunts de l’idéologie dominante. Nos corps étant vecteurs des rapports sociaux, ils peuvent être autant des lieux d’oppressions que des lieux de créations et d’émancipation. Mettre en jeux nos corps dans une perspective artistique peut permettre d’accéder à une autre forme de symbolisation et de représentation ; une invitation à sentir de l’intérieur comment nos corps sont porteurs de l’histoire individuelle et collective, passée et à venir.

Cet atelier-formation sera l’endroit où venir croiser ces différentes perspectives, faire se rencontrer la multi- plicité de nos regards pour complexifier la question du corps et en redéfinir les contours. S’exercer à sortir de la binarité corps/esprit ; pensée/action ; engagement militant/sphère intime…Comment toutes ces dimensions peuvent elles co-exister et/ou sont elles irréductibles ? Comment déconstruire, nous ré-approprier, ré-inventer de nouvelles formes de «corporéités » plus conscientes et libérées ?

Nous envisagerons cet atelier-formation comme un laboratoire de recherche collective où mettre en mouve- ment nos corps et en analyser les enjeux.
Nous expérimenterons d’abord la situation de Danse Singulière, où mettre en jeux la poétique de nos corps et tisser nos histoires individuelles dans une mise en danse collective. Puis nous ferons un détour par le théâtre de l’opprimé pour venir questionner notre « place dans le monde ». Tout au long de la semaine, nous nous emparerons de différents outils issus de l’éducation populaire politique pour sentir le continuum qui lie nos vécus intimes au politique et créer des ponts entre savoirs chauds (l’expérience) et savoirs froids (théoriques).

Du 11 au 14 décembre 2018 – Habiterre – Die (26) – en partenariat avec Solidarités Jeunesses
Du 10 au 13 décembre 2019 – Drôme (26)

Entrainement Mental Découverte – Comment lier penser et agir ?

Cet atelier-formation vous invite à découvrir, questionner, renforcer une approche des situations concrètes à partir de l’entraînement mental pour analyser en complexité les situations, et tenter d’agir de manière lucide et cohérente.

Constituée à partir de foyers de Résistance puis par Peuple et Culture à partir de 1945 et actualisée en permanence depuis, cette méthode favorise le croisement de regards et l’analyse collective. Elle permet des allers-retours entre théorie et pratique, en convoquant les savoirs issus de nos expériences, et en allant arpenter des savoirs issus notamment des sciences humaines et sociales et des théories critiques. Elle est un exercice de la pensée, une démarche, un engagement éthique dans l’action, que nous proposons pour penser par soi-même, s’éloigner des préjugés, résister aux évidences et mieux appréhender les situations dans lesquelles nous vivons au quotidien sur le plan personnel, professionnel, militant, associatif et autres.

C’est notamment à partir des situations concrètes des participant-es que nous favoriserons la découverte, la pratique et l’entraînement des mécanismes de pensées pour agir et prendre des décisions. Aiguiser nos vigilances, gagner en souplesse et en mobilité intellectuelle pour développer nos capacités d’expression et de compréhension, et renforcer le pouvoir d’agir sur nos vies plutôt que d’avoir le sentiment de subir des choix extérieurs à soi.

Nous sommes là au cœur de l’éducation populaire et de son projet d’émancipation des individus et des collectifs : cultiver une pensée critique autonome en lien avec le réel, mettre au travail nos singularités, se donner des espaces où transformer notre existence et notre rapport au monde.

du 17 au 21 juin 2019 – Vaunières – Saint Julien en Beauchène (05)
du 11 au 15 novembre 2019 – Habiterre – Die (26)

Expérimenter l’éducation populaire pour renforcer la participation et la coopération

Dans toute aventure collective se pose la question de l’animation. Comment sortir des tours de table et des réunions ennuyeuses où la parole est monopolisée par quelques un-es pour inventer des formes plus joyeuses qui permettent d’être plus créatifs-ves et imaginatifs-ves, sans perdre en efficacité ? Comment penser le fond et la forme de nos actions, en prenant en compte chacun-e ? Comment favoriser un accès égalitaire de tou-te-s à la parole et aux prises de décision ?

Cet atelier formation sera l’occasion d’expérimenter l’éducation populaire comme démarche de transformation sociale et d’éducation au politique, et comme méthode d’intervention. Il permettra à chacun-e de questionner le rôle et la posture de l’animateur-trice facilitateur-trice et de s’outiller en pratiquant des outils de participation et de coopération. Nous explorerons différentes méthodes pour favoriser l’expression des ressentis, le partage d’expérience, mener une analyse collective et animer la prise de décision.

Nous découvrirons également différents outils et grilles d’analyse permettant de penser nos micropolitiques. Comment penser nos modes d’être ensemble et la place de chacun-e dans le groupe ? Comment agir sur les rapports de domination présents en tout groupe pour construire ici et maintenant de l’égalité concrète et des pratiques collectives plus émancipatrices ? Comment œuvrer pour un changement culturel où transformation personnelle et transformation sociale résonnent et se renforcent ?

Cet atelier formation se destine à toutes personnes professionnelles ou non concernées par l’animation de groupe, le travail en équipe, l’accompagnement de projets et/ou le fonctionnement des collectifs et déjà engagées dans des démarches participatives. Nous envisagerons ces 5 jours comme un espace laboratoire. A partir de l’analyse des différentes expériences présentées par les participant-e-s, nous envisagerons des pistes de transformation et l’expérimentation d’autres pratiques.

du 3 au 7 juin 2019 – Le Faï – Le Saix (05)
Arts et Éducation Populaire
co-animé avec Julie Clément – artiste plasticienne/photographe

L’éducation populaire comme manière de partager nos vécus, de dire et comprendre le monde, et de le transformer est traversée par la parole et par l’écrit. Aller visiter du côté de ce que nous proposent les pratiques artistiques nous invite à élargir notre répertoire pour imaginer d’autres manières de faire récits de soi et du monde. Explorer nos potentiels artistiques pour trouver d’autres chemins d’imagination et de regard. Oser écouter et faire naitre nos puissances créatrices, pour faire se rencontrer nos colères et nos désirs. Aller à la rencontre de contextes inhabituels et se mettre dans des dispositions pour sortir de nos rôles assignés. Trouver dans l’expérience collective l’invention de langages plastiques communs.

En étant alertes à ce que nous offre notre environnement et en partant du sensible, les dispositifs visités bousculeront nos habitudes de penser, de voir, et notre rapport au monde. Nous proposons ici une traversée d’expériences parsemées de tentatives. Une attention au processus et à l’éprouvé, plutôt qu’un catalogue de techniques visant à un résultat final. Un cheminement qui nous invitera à rencontrer l’imprévu.

De cette traversée naitront de nouveaux matériaux à penser, malaxer, partager et surtout à essaimer. Une question traversera le vécu concret de ce stage : qu’est ce que serait « habiter le monde en artiste » ? Les arts pour réenchanter le monde, ouvrir des brèches, ouvrir des possibles… Un élan pour rentrer en résistance face à la standardisation de nos existences et, comme réponse à l’avancée des peurs, inventer d’autres manières de ce que serait la vie.

Du 21 au 23 octobre 2019 – Habiterre – Die (26)

Penser la relation adulte/enfant dans sa complexité

La relation adulte/enfant se construit autour d’un rapport de domination lié à l’âge : la domination adulte. Celle-ci semble « naturelle ». Ne sommes nous pas obligé-e-s de donner des repères aux enfants et poser un cadre structurant ? Ne sommes-nous pas légitimes à transmettre aux enfants les savoirs hérités de nos expériences de vie ? Cependant, la recherche de relations plus égalitaires avec les enfants nous oblige à bousculer certaines de ces évidences.

Comment repenser l’enfant comme un être à part entière et non comme un demi-être ? Comment l’accompagner dans son exploration de la vie, dans ses apprentissages et ses découvertes ? Dans tous les rôles éducatifs, que l’on soit educateur-rice, enseignant-e, animateur-rice, parent, on en vient à interroger la notion d’autorité. L’étymologie nous ouvre un autre chemin pour appréhender l’autorité : « autoriser à ». Comment repenser alors un cadre éducatif qui autorise réellement l’enfant à découvrir, à apprendre, à échanger ?

La définition et la place de l’enfant n’est pas donnée d’avance, elle est socialement construite et façonnée par les institutions qu’il-elle traverse (l’école, la famille, les clubs de loisirs, les institutions de soin…). Il nous est alors possible de penser d’autres formes de constitution et de prise en charge de l’enfance. Comment créer des résistances aux seins d’institutions qui renforcent les dominations ? Quelles stratégies de transformation ou manières d’agir pouvons nous créer pour construire des alternatives dans nos manières d’être aux enfants ? Comment en tant qu’adulte aiguiser avec les enfants leur capacité à la prise de parole et à la participation aux décisions qui le concernent ? Comment construire avec les enfants des espaces qui renforcent leur pouvoir d’agir et leur capacité à être auteur-es de leur vie et de leur environnement ?

Ce stage de trois jours nous permettra de questionner la relation adulte/enfant dans toute sa complexité. En partant du partage des récits et de l’analyse de nos propres enfances, nous irons revisiter la manière dont nous avons vécu les institutions qui nous ont façonné-e-s. Par des détours théoriques, nous viendrons puiser des réflexions et des savoir-faire dans l’éducation populaire et les pédagogies émancipatrices pour questionner le rapport d’oppression adulte/enfant et inspirer nos façons de « faire éducation ». Nous mettrons également nos propres chantiers au travail en partant de situations concrètes personnelles et/ou professionnelles pour transformer nos pratiques.

Du 14 au 18 octobre 2019 – Vaunières – Saint Julien en Beauchène (05)

Interroger nos postures et transformer nos pratiques d’accompagnement et de travail social
co-animé par avec Benjamin Larvoire – Educateur Spécialisé

Comme de nombreux secteurs, le travail social se trouve pris dans de complexes paradoxes, entre d’une part les rappels de l’économie qui le somme de rendre lisible ce qu’il produit afin d’en réduire les coûts et d’autre part le constat que ces métiers de l’accompagnement ont une part irréductible -l’humain- qui s’accommode mal de la comptabilité. Puisqu’il est compliqué de trouver l’espace et le temps de questionner les logiques qui transforment les associations en entreprises du social et les travailleurs sociaux en gestionnaires de flux, nous proposons ce stage comme un lieu pour suspendre nos pratiques et repenser les rapports au travail social à la lumière de l’éducation populaire.

Face à l’industrialisation et la standardisation des prises en charge, au découpage et au morcellement des métiers de l’accompagnement souvent réduits à un catalogue de techniques, comment ne pas envisager les gestes de l’accompagnement comme de simples procédés à appliquer ? Comment envisager les trajectoires d’accompagnement comme des espaces émancipateurs?

« Qu’est ce que je fous là ? ». C’est cette question à laquelle nous invite François Tosquelles, un psychiatre qui a revisité radicalement les manières de faire de sa discipline ; une question pour remettre du sens à ce que l’on fait dans le quotidien de notre engagement. « A quoi je sers ? » et « Qu’est-ce que je sers ? » sont aussi des interrogations qui nous permettent de revisiter nos postures, et le sens politique de notre action. Il s’agira de se réapproprier nos métiers et nos engagements en nous appuyant sur nos histoires, nos expériences, nos terrains d’action. Nous irons aussi chercher de l’inspiration dans diverses pratiques et histoires d’accompagnement pour visiter d’autres manières de penser les fonctionnements au sein de nos lieux de travail et d’action et, ce faisant, d’autres manière de penser le lien aux personnes accompagnées et à ce que l’on tisse avec elles.

Nous irons rencontrer des formes d’attention à ce qui se vit, à la géographie et aux milieux que nous proposons et irons traverser des manières de mettre au travail les questions de sens, de collectif et de communs. La psychothérapie et la pédagogie institutionnelles nous proposent une critique féconde des institutions et des dispositifs de prise en charge, tout en nous ouvrant à d’autres approches : la non directivité dans l’accompagnement, l’institution envisagée comme mouvement et création permanente, la subversion des rôles et des formes instituées, la visée autogestionnaire. Nous tenterons de penser ensemble les rapports de domination à l’œuvre dans nos métiers et de s’inspirer d’expériences de lutte pour transformer nos regards ; les critiques radicales de l’éducation comme celles proposées à travers l’approche de la domination adulte nous permettront notamment de bousculer nos croyances et nos certitudes.

« L’éducateur est créateur de circonstances »nous rappelait Fernand Deligny. Il s’agira d’inventer des circonstances, créer des milieux, faire des tentatives, s’entraîner à jouer avec l’incertitude des situations, les imprévus de la rencontre, et faire avec cette nécessité d’improvisation que nous demandent ces métiers impossibles.

Ce stage s’adresse aux professionnel-le-s de l’action sociale et de l’accompagnement, ainsi qu’à toutes les personnes en contact avec ces questionnements.

coréalisé avec la compagnie NAJE et la compagnie de l’Envol, et coanimé avec Marie-France Duflot
dates : un cycle de 3 WE : les 26 et 27 janvier, les 9 et 10 mars, les 22 et 23 juin 2019
lieu : vallée de la Drôme.

Le Théâtre de l’Opprimé créé par l’équipe d’Augusto Boal au Brésil, puis apporté en France par Augusto dans les années 1980, est un théâtre avec tous les éléments qui sont disponibles dans cet art, et c’est aussi une détermination politique : comment, dans le champ même de son oppression, celui qui est opprimé peut-il construire une représentation du monde qui le remette en situation de sujet, donc actif, et qui lui permette de préciser sa volonté, c’est-à-dire le projet d’action et les stratégies qui lui conviennent ?

Le théâtre-forum, le théâtre invisible, le théâtre-images se sont construit dans le contexte de la dictature brésilienne. Elles sont des techniques élaborées au départ pour que des oppressions subies dans différents contextes de vie (au travail, dans la famille, dans l’espace public, dans sa relation aux institutions, etc.) puissent être racontées par une ou plusieurs personnes, et puissent être travaillées collectivement par le théâtre. De manière à ce que ces rapports d’oppression ne soient pas vécus comme une fatalité, mais que le théâtre ouvre un espace d’actions et de transformations possibles, qu’il soit un moyen de construction collective de stratégies de luttes.

Tout au long des années de pratique du Théâtre de l’Opprimé, les comédiens de la compagnie NAJE se sont interrogés, avec Augusto Boal, sur l’intériorisation de l’oppression dans nos sociétés dites démocratiques, où « les flics sont davantage dans les têtes que dans les rues ». Nous rencontrons directement des interdits, et des personnes qui ont autorité pour les faire respecter, mais il y a beaucoup d’actions que nous nous empêchons de faire sans qu’elles soient explicitement interdites, ou sans qu’il y ait quelqu’un pour faire respecter l’interdit.

Comment lutter contre l’intériorisation des oppressions ? L’exercice de la liberté de chacun suppose sa capacité à transgresser la loi, si cela lui est nécessaire, en connaissance de cause sur ce qu’il risque, et à dépasser les interdits socioculturels et les injonctions morales si c’est son désir ou son besoin, là encore en appréciant justement les risques à leurs justes valeurs, et non à leurs valeurs supposées ou fantasmées.

Les techniques introspectives du Théâtre de l’Opprimé se situent exactement à cet endroit : là où une personne soupçonne qu’il y a en elle quelque chose qui brouille sa vision du monde et l’empêche de choisir entre les alternatives qui s’offrent à elle, du genre « Je connais la solution mais elle m’est “interdite” », ou bien « Je connais plusieurs solutions mais je n’arrive pas à me positionner entre tous mes désirs contradictoires ».

Un des objectifs du Théâtre de l’Opprimé est de restituer à chacun sa capacité créatrice, en lui redonnant le droit et la capacité d’utiliser l’art théâtral. Il est plus largement eune invitation à ne pas subir sa vie, et à remettre du mouvement volontaire là où chacun-e peut se sentir paralysé-e ou manipulé-e. Un encouragement à assumer son désir, à créer ses repères, à affirmer sa puissance singulière. Avec le groupe en appui solidaire au travail de chacune des situations, ce théâtre est un véritable entrainement à l’autonomie (se donner à soi-même ses propres lois), et à la liberté.

Ce cycle de 3 WE est ouvert à tou-tes sans condition de pratique, et permettra de s’entrainer principalement à partir de la technique « les flics dans la tête ». Nous expérimenterons également différents jeux issus du théâtre de l’opprimé, et selon les situations présentées, nous pourrons également pratiquer d’autres techniques introspectives : l’arc en ciel du désir, le futur qu’on craint, etc.